Suis-je la seule?

Ecrit par Isabelle Dagenais le 29 avril 2010 – 09:55 -

Lors des ateliers et des conférences, j’ai l’opportunité de rencontrer beaucoup de mères !  J’ai entendu de nombreux témoignages de la part de mes participantes et j’ai pu constater à quel point il est souffrant de croire que nous sommes les seules à ressentir une émotion et à vivre une situation difficile en tant que mère. Nous croyons que les autres mères sont comblées et épanouies en permanence. De plus nous nous jugeons sévèrement et nous craigons le jugement des autres ce qui a pour conséquence; la culpabilité et la honte qui mène au silence! Ce silence, ces pensées et ces émotions refoulées sont des obstacles à notre bonheur d’être maman et donc nous avons avantage à trouver le courage d’en parler.

La réalité est que bien que nous ayons des expériences différentes, nous ressentons les mêmes émotions qui toutefois ne sont pas déclenchées par les mêmes circonstances et qui ne sont pas ressenties avec la même intensité. Je vous assure que, quoi que vous ressentez vous n’êtes pas la seule !

Voici quelques exemples de situations où d’émotions dont les mères n’osent pas parler:

  • Ne pas aimer être enceinte
  • Le non-attachement au bébé à la naissance
  • Le sentiment d’échec suite à une césarienne
  • La dépression post-partum
  • Le choix de ne pas allaiter ou d’arrêter l’allaitement
  • L’impatience et la colère ressentie envers leur enfant
  • Le regret d’avoir eu un enfant
  • Le sentiment d’être incompétente
  • Ne pas se sentir comblée par la maternité

Ces expériences sont douloureuses et elles ne correspondent pas à notre idéal ou elles ne correspondent pas aux normes de notre société. Les mères que je connais qui ont vécu ces situations ont peur d’être jugées par les autres et elles se jugent elles-mêmes. Elles se sentent seules et différentes. Plusieurs n’avaient jamais parlé ouvertement de leur expérience avant les ateliers. Elles gardaient à l’intérieur la honte, la tristesse, la colère, la déception et l’impuissance qu’elles ressentaient. Puis après avoir parlé de façon authentique de leur réalité elle ressentait un apaisement.

Voilà pourquoi j’ai créé les Ateliers Être Maman, pour vous permettre de parler ouvertement de votre réalité. Je vous propose donc un lieu d’échanges où vous aurez l’opportunité de rencontrer d’autres mères et où vous serez écoutées sans être jugées.

N’hésitez pas à me contacter si vous voulez plus d’informations.

Au plaisir de vous rencontrer !


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Rêver d’être maman!

Ecrit par Isabelle Dagenais le 1 avril 2010 – 22:49 -

Lorsque l’on a le désir d’avoir un bébé à soi, on rêve de ce bébé qu’on aimera tellement. Or le temps qui passe avant la grossesse rend l’expérience intense et parfois même souffrante.

On rêve de cette vie où on se sentira accomplie et épanouie. On rêve de ce bébé qu’on aimera inconditionnellement. L’absence de cet enfant en soi est bien réelle et elle est omniprésente. On ne s’attendait pas à ces bouleversements puisqu’on souhaitait simplement avoir un bébé, mais voilà que les émotions surgissent et servent de guide vers une quête de sens insoupçonné. D’ailleurs, cette quête débute très souvent par une grande question…

Pourquoi moi?

Voilà une question qui peut hanter la femme qui ne parvient pas à concevoir! Cette question est dévastatrice puisqu’il est impossible d’y trouver une réponse satisfaisante. Elle crée beaucoup de souffrance intérieure. Il s’agit d’une question qui se manifeste essentiellement lorsque l’on rencontre des défis importants comme la maladie, l’abandon et le deuil sous toutes ses formes. Dans tous ces cas, aucune raison ou justification n’apportera le réconfort tant désiré puisqu’on se sent pénalisée ou traitée injustement! Il est difficile de reconnaître que la justice n’est pas déterminée selon qui on est et que le fait d’être une bonne personne n’est pas suffisant pour obtenir ce que l’on désire.

  • Reconnaître que les expériences difficiles sont à la base de son cheminement et ainsi parvenir à accepter plus facilement sa réalité.
  • Réaliser que d’éprouver des difficultés au niveau de la fécondité n’est pas une punition ou une injustice.

L’envie

Envier les femmes qui deviennent enceintes avant soi est un sentiment fréquemment ressenti! Certaines ont honte de ce sentiment, elles voudraient pouvoir démontrer leur joie pour leur amie qui vit une grossesse, mais l’envie fait obstacle à cette intention. Bien que ce sentiment soit tout à fait humain, il peut être envahissant. Dans ce cas, les pensées envers cette personne sont récurrentes. On se dit à quel point elle est chanceuse et on se demande qu’est-ce qu’elle peut bien avoir de plus que soi? À la limite, on cherche des arguments pour se convaincre qu’on le mérite plus qu’elle. Inutile de dire que l’envie peut avoir des conséquences négatives dans cette relation puisque la maternité devient un sujet délicat à aborder. Il est important de réaliser que la grossesse de cette personne éveille en soi une grande tristesse! On aimerait tant être enceinte comme elle!

Le défi est donc de parvenir à l’exprimer à son amie. Il est possible de le faire sans blesser l’autre et pour cela il faut parler de soi et dire que cette envie peut devenir intolérable. Il est possible de rassurer l’autre en lui disant qu’elle n’y est pour rien et cela facilitera la communication et préservera la qualité de la relation!

Espoirs et déception

L’alternance entre l’espoir et la déception peut avoir des conséquences importantes sur la joie de vivre. Ce sont des deuils qui se succèdent et qui n’ont pas toujours le temps de s’apaiser avant que l’espoir revienne. Ces montagnes russes émotionnelles sont éprouvantes d’autant plus si elles perdurent. Il ne faut pas s’étonner que le découragement et dans certains cas la résignation se manifestent.

Lâcher-prise

Le lâcher-prise est sans aucun doute la meilleure démarche à entreprendre pour atteindre une paix intérieure, mais il s’agit d’un conseil qui peut être mal interprété. Il ne faut pas confondre le conseil « arrête d’y penser » avec le lâcher-prise. Il faut admettre qu’il est difficile de ne pas y penser lorsque l’on doit faire différentes actions pour atteindre son rêve!

Le lâcher-prise, c’est la capacité à accepter réellement ce que l’on vit. Faire la paix avec le ressentiment et le sentiment d’injustice. Lâcher prise fait appel au ressenti, donc au cœur. Pour y parvenir, on doit se permettre d’exprimer ce que l’on ressent. La seule façon d’obtenir un mieux-être est de toucher l’émotion et de libérer cette charge que l’on porte en soi. Devenir conscientes des pensées et des émotions qui sont présentes au quotidien.

Le danger est de se replier sur soi dû au fait que l’on ne veut pas être un fardeau pour l’entourage. Vouloir être forte et se répéter d’arrêter d’y penser est rarement efficace à long terme! Se donner le droit de ressentir toutes les émotions et ne pas les juger, voilà ce qui libère.

  • Être honnête envers soi-même
  • Se rendre vulnérable en touchant l’émotion
  • Se donner la permission de ressentir toutes les émotions
  • Exprimer celles-ci
  • S’entourer, échanger

Sentiment de culpabilité et couple

Lorsqu’on éprouve de la difficulté à mener une grossesse à terme ou lorsqu’on est infertile, on peut se sentir coupable. Coupable de ne pas parvenir à concevoir un enfant et/ou à le garder. On peut même se sentir coupable de ne pas pouvoir réaliser le rêve de son conjoint. Il arrive qu’on remette en question la survie de son couple puisque chacun vit cette expérience à sa façon. L’infertilité temporaire ou permanente peut avoir des conséquences importantes sur son couple!

Les conseils inappropriés

Les conseils de la part des autres paraissent souvent inutiles et peu pertinents. Ces personnes cherchent une façon de faire face à leur propre impuissance par rapport à ce que l’on vit et elles ne réalisent pas que leurs suggestions et commentaires amplifient un ressenti qui est déjà présent en soi. La majorité du temps, leurs intentions sont bonnes et elles veulent aider. Or certains de leurs commentaires créent l’effet contraire!

  • Tu y penses trop!
  • Ça va arriver quand ça va être le bon moment!
  • Tu as tout le temps!
  • C’est certain que tu vas tomber enceinte bientôt!
  • As-tu essayé…?

Si ces conseils sont blessants, il est important de le dire. On peut demander ce qu’on attend d’eux, par exemple : leur écoute, leur disponibilité, leur amour et leur respect.

Quand le rêve devient réalité!

Lorsque la grossesse se manifeste, celle-ci peut être vécue avec une certaine peur. Il y a si longtemps qu’on l’attendait! La peur de perdre le bébé et avoir de la difficulté à croire que cela se produit réellement est fréquente.

Si la grossesse ou l’adaptation à la vie de maman se vit avec difficultés, il se peut que l’on ne veuille pas en parler puisqu’on se dira « je ne suis pas pour me plaindre, je l’ai tellement désiré! » Et pourtant, désirer un enfant ardemment n’est pas une garantie que tout se vivra simplement. Désir ou pas, la maternité peut nous faire vivre des états physiques et émotionnels inattendus.

Se sentir bien

Trop de femmes vivent ces moments difficiles en se sentant seules et incomprises. Bien que leurs conjoints partagent avec elles cette épreuve, ils ne la vivent probablement pas de la même façon qu’elles! D’où l’importance de pouvoir parler de leur expérience pour se permettre de mieux vivre ces moments d’attente. Idéalement, il s’agit de trouver quelqu’un qui a une écoute accueillante et sans jugement. Une autre femme qui vit le même type d’expérience ou un groupe de discussions peut être très aidant. En échangeant avec d’autres femmes, elles pourront prendre conscience qu’il est normal de ressentir l’envie, l’impuissance, la colère, la frustration, la déception, la solitude, l’incompréhension, la culpabilité et le découragement. Et découvrir qu’il est possible de vivre avec ce désir tout en prenant soin d’elles!


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L’amour au cœur de la maternité

Ecrit par Isabelle Dagenais le 1 avril 2010 – 21:19 -

L’amour est au cœur de l’expérience de la maternité et il se vit à plusieurs niveaux. Ces amours se vivent différemment pour chacune d’entre nous et ils influencent notre expérience de la maternité.

Il y a bien sûr l’amour que nous ressentons envers notre enfant. Puis il y a l’amour envers nous-mêmes en tant que mère et en tant que femme.

L’amour maternel

Il y a tant d’attentes concernant cet amour! Il devrait être spontané, naturel et présent dès le moment où nous apprenons que nous serons mères. Or nombreuses sont les femmes qui ont ressenti le doute, la déception ou la peur avant de ressentir l’amour. L’attachement ne se déroule pas toujours comme dans les films où dès l’arrivée du bébé la joie et l’amour sont au rendez-vous! Chaque femme vit l’attachement envers son enfant avec plus ou moins d’intensité et certaines devront faire le deuil de ce qu’elles auraient voulu ressentir et accepter qu’elles doivent créer ce lien au jour le jour.

Toutes les mères veulent que leur amour pour leur enfant soit inconditionnel, total et tout puissant. Qu’il soit suffisant pour bien vivre la maternité, et pourtant, il arrivera des moments où il ne le sera pas! Il faut reconnaître que même si nous aimons notre enfant, il y aura des moments où notre patience sera mise à rude épreuve et alors la frustration, la colère ou l’impuissance se manifestera. L’harmonie constante n’est pas possible même avec tout l’amour du monde. Notre enfant est un être humain à part entière avec lequel nous aurons à établir une relation et cela implique des ajustements. Cette relation est l’une des plus importantes de notre vie puisqu’elle lui donne un sens unique!

Estime de soi

La maternité est une porte grande ouverte vers la découverte de soi! Les questionnements et les émotions que nous y vivons nous permettent de découvrir qui nous sommes réellement. Il arrive que cette découverte se vive difficilement, car elle est parsemée de questionnements et de doute. Puis il y a des moments où elle procure de la joie et de la fierté. Quelle que soit notre façon de vivre cette expérience, notre estime de nous-mêmes en sera modifiée!

Devenir mère peut contribuer ou nuire à la perception que nous avons de nous-mêmes et donc modifier notre degré d’estime personnelle. Dans le cas où nous aurions le sentiment d’être compétente et que nous ressentons de la fierté alors, notre estime de nous-même est amplifiée. Cependant si nous considérons ne pas être à la hauteur et que nous doutons de notre capacité à prendre soin de notre enfant, notre estime diminue. Dans la vraie vie, ces moments se vivent souvent en alternance, mais il arrive que nous vivions des situations à répétition et celles-ci peuvent modifier notre perception de nous-mêmes. Une mère qui a un bébé qui pleure rarement et qui se calme rapidement ne vivra probablement pas la situation de la même façon que la mère qui a un bébé qui pleure fréquemment et intensément! Celle-ci risque de se demander pourquoi elle ne parvient pas à calmer son bébé. Le sentiment de compétence parentale joue un rôle important dans notre expérience de la maternité.

Les critères et les exigences que nous nous fixons pour être une bonne mère ont eux aussi un impact important sur notre estime. Les femmes qui sont perfectionnistes sont plus à risque de se dévaloriser par rapport à leur rôle de mère. Plus nos exigences sont élevées plus les risques d’être déçue de soi augmentent. Il est si facile de se dire que ce que nous faisons de bien est normal alors que lorsque nous n’agissons pas selon nos critères nous nous jugeons sévèrement!

L’équilibre entre la mère et la femme

En cherchant à nous valoriser à travers notre rôle de mère, il arrive que nous oubliions la femme que nous sommes. Nous hésitons à nous occuper de notre bien-être comme s’il s’agissait d’un luxe! Pourtant, il s’agit d’une obligation et d’une nécessité pour préserver l’équilibre entre la mère et la femme que nous sommes. Le déséquilibre est pratiquement inévitable lors des premiers mois, mais par la suite nous devons être vigilantes. Lorsque le déséquilibre perdure, il peut arriver que nous ayons le sentiment de nous être perdue à travers notre rôle de mère et alors nous nous sentons déstabilisées. Nous ne savons plus ce que nous aimons et ce que nous désirons. Nous devons alors entreprendre un processus qui demandera de la persévérance et qui sera bénéfique pour nous. Rappelons-nous qu’il sera plus facile d’être satisfaites de notre rôle de mère si nous comblons nos besoins. Sans oublier que notre joie de vivre influence directement la joie de vivre de notre enfant!

Pour s’aimer davantage

Nous pouvons apprendre à nous aimer davantage et donc par le fait même à aimer les autres davantage en :

  • Étant indulgente et patiente face à ce grand apprentissage qu’est la maternité;
  • Acceptant ce que nous ressentons;
  • Osant mettre des limites;
  • Affirmant nos goûts;
  • Nous faisant plaisir au quotidien;
  • Reconnaissant nos qualités et nos forces;
  • Étant attentive à notre bien-être;
  • Acceptant que nous puissions nous tromper alors que nous croyons faire pour le mieux.

Chaque prise de conscience et chaque action nous rapproche d’un idéal, celui d’être convaincue que nous sommes valable en tant qu’être humain peu importe le type de travail que nous accomplissons, l’argent que nous avons, notre apparence physique, le nombre d’enfant que nous avons ou nos réalisations! Cette quête en vaut la peine puisqu’elle contribue à notre épanouissement en tant que femme et mère!


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